Max Tröhler
« Si tu veux faire l’expérience de la gratitude, voyage avec Procap »
Max Tröhler
(*1961) vit dans la campagne bernoise, dans le village idyllique d’Oberwangen. Marié, il est père de trois filles adultes. Quand il ne s’occupe pas d’un millier de poules, de ses cultures ou de sa forêt, il part en voyage. Ce passe-temps lui a donné l’idée d’être accompagnant de vacances bénévole pour Procap.
Interview Cynthia Mira Photos Markus Schneeberger, Procap Schweiz
Procap: Max, à combien de voyages Procap as-tu participé ?
Max Tröhler : J’ai rejoint l’association il y a environ 12 ans. A raison de deux à trois voyages par année, je devrais en avoir fait une vingtaine.
Pourquoi as-tu choisi Procap ? Qu’est-ce qui t’a convaincu ?
Quand j’ai commencé, j’avais plus de temps pour moi, que ce soit sur le plan professionnel ou privé, et je voulais faire quelque chose de nouveau dans les domaines du voyage et de l’accompagnement. Par hasard, en surfant sur Internet, je suis tombé sur Procap : c’était exactement ce que je cherchais. Mon premier voyage s’est déroulé en Suisse.
Voyages-tu aussi à titre privé ou essentiellement avec Procap ?
Je voyage aussi souvent à titre privé. Cette année, je suis allé à Cuba avec d’anciens copains d’école, en Albanie avec ma femme et trois fois en Espagne. De manière générale, voyager compte beaucoup pour moi, mais pas au point de devenir une obsession.
Quelle est ta motivation à faire du bénévolat ?
La combinaison de voyages, de rencontres et d’esprit communautaire me motive. J’aime être parmi les gens. Nous nous engageons toujours à fond et je tiens à ce que les client·e·s se sentent bien. Ces personnes paient beaucoup pour leurs vacances, leur séjour doit donc sortir de l’ordinaire. Il faut que les voyages soient bien organisés et plaisants. La communication, l’humour et l’humanité sont essentiels.
Te souviens-tu d’un moment particulier ?
Oh, il y en a beaucoup. L’an dernier à Antalya, notre groupe était très hétérogène avec des personnes en fauteuil roulant ainsi qu’une personne avec un handicap visuel. Le soir de la disco, j’ai motivé les participant·e·s à me rejoindre sur la piste de danse. A la fin, tout le monde s’y est mis et la canne blanche a fini dans un coin. Mon collègue m’a demandé comment j’avais fait. Je crois qu’il faut y aller sans détour et susciter l’enthousiasme pour que les participant·e·s se laissent entraîner.
As-tu toujours eu ce don ou l’as-tu acquis grâce au bénévolat ?
Les deux. On ne cesse d’apprendre, surtout dans les situations inédites et au contact de personnes différentes. Je dis toujours que chaque voyage avec Procap est une aventure, car on ne sait jamais exactement comment est composé le groupe et ce qui nous attend.
As-tu déjà été confronté à des situations délicates ?
Oui, bien sûr. Nous avons par exemple eu un client qui faisait des crises d’épilepsie. Un cas similaire s’est présenté lors d’un autre voyage, car les institutions évaluent parfois mal la situation. Pour l’équipe, une telle situation peut être difficile, en particulier quand une personne a besoin de nettement plus de soutien que ce qui était prévu. La flexibilité et l’esprit d’équipe sont alors des ressources indispensables.
Avais-tu déjà de l’expérience avec des personnes en situations de handicap avant de t’engager auprès de Procap ?
Un homme avec un handicap a vécu et travaillé pendant des années chez nous, à la ferme. Il savait faire beaucoup de choses, mais certaines tâches étaient difficiles pour lui. Il est resté avec nous pendant plus de 60 ans. Il est désormais dans un home. Il m’a beaucoup appris. D’une manière générale, j’aborde chaque personne sans préjugé, qu’elle soit valide ou en situations de handicap.
Et comment perçois-tu Procap ?
Procap fait depuis des années un travail fantastique dans le domaine des voyages. Cela demande beaucoup d’organisation et de savoir-faire. Je pense toutefois qu’une offre sous cette forme n’est possible que dans un pays riche comme la Suisse. Je ne gagne rien en tant que bénévole, ce n’est d’ailleurs pas le but. Les frais sont remboursés et couvrent juste mes dépenses. Il ne faut toutefois pas sous-estimer le travail d’organisation d’un voyage.
Que t’a apporté cette activité bénévole à titre personnel ?
Elle m’a apporté de la flexibilité et a ouvert mon horizon. De plus, on ressent de la part des client·e·s une gratitude rarement perçue ailleurs. Ces personnes apprécient beaucoup d’échapper à leur quotidien et de faire de nouvelles expériences.
Où aimerais-tu encore te rendre à tout prix ?
L’Amérique du Sud me plairait, surtout pour les paysages. J’aime partir à la découverte de l’inconnu. Ce n’est pas mon genre de retourner chaque année dans le même hôtel ou au même endroit.
Que conseilles-tu à celles et ceux qui s’intéressent à cette activité bénévole ?
Il faut faire preuve d’ouverture, savoir prendre du recul et apprécier la compagnie des autres. Une certaine flexibilité est indispensable pour faire face aux situations imprévues.
Est-ce qu’une citation pourrait résumer ton expérience ?
Si tu veux faire l’expérience de la gratitude, voyage avec Procap. Les client·e·s sont incroyablement reconnaissant·e·s, car ils et elles vivent des moments qui, pour eux/elles, ne vont pas de soi. C’est ce qui rend ce travail si particulier.